Je le dis souvent : pour continuer à créer avec le cœur, il faut parfois se challenger. Sortir de sa zone de confort, oser l’idée farfelue… et parfois, se prendre un mur. Ou plutôt un trépied qui bascule. Aujourd’hui, je te raconte l’histoire d’une séance photo chien de Saint-Valentin partie en vrille. Un projet mignon en apparence, mais qui m’a offert une bonne leçon d’humilité, de résilience… et de casse matérielle.
L’envie de créer une image unique pour la Saint Valentin inspirée d’un célèbre dessin animé.
Février est là, et avec lui la Saint Valentin. Cette journée où on célèbre l’amour à grand coup de clichés romantiques ! Et cette année, j’ai une idée qui a germé dans un coin de ma tête au détour d’une balade de village avec Tartine.
La nappe à carreaux, les bougies, l’assiette de spaghettis… et deux chiens qui se dévorent du regard. J’avais dans l’esprit cette scène mythique que je voulais transformer en un clin d’œil canin, tendre et légèrement kitsch, pile pour la Saint-Valentin.
J’avais repéré une ruelle pavée dans mon vieux village, avec une lanterne et des airs d’Italie. L’ambiance était parfaite. Ne me manquait plus qu’à trouver les chiens parfaits ! J’avais déjà en tête le modèle idéal pour jouer notre amoureux des rues : Kayn, un croisé Labrit que j’avais déjà eu la chance de photographier il y a quelques mois. Et pour notre Belle, j’ai choisi une jolie cocker au regard doux.

Le duo était prêt, les accessoires aussi, la météo coopérative… tout roulait. Jusqu’à ce que ça déraille.
Une séance photo chien de Saint Valentin pas si romantique.
Un peu de contexte autour de la prise de vue.
J’avais choisi un ruelle, en théorie, calme. Le timing était serré puisque les éclairages de la ruelle que je voulais inclure dans ma photo ne s’allumaient qu’à la tombée de la nuit. Il fallait alors faire vite pour profiter des dernières lumières dans le ciel avant qu’il ne fasse trop noir pour shooter.
Autre contrainte : les deux chiens ne se connaissaient pas. J’ai donc donné rendez-vous à mes modèles 30 minutes avant la tombée de la nuit pour organiser une rencontre en libre et laisser le temps aux chiens de se découvrir. Mais éviter tout risque protection de ressources autour de l’assiette de nourriture présente sur la table, j’avais prévu de shooter chaque chien séparément, puis de les assembler en post-production.
Ce genre de montage nécessite de la rigueur : l’appareil doit rester immobile entre les prises. Trépied obligatoire. Sol pavé. Ruelle en pente. Tu vois venir le drame ? Attends.
De la théorie à la pratique, rien ne se passe comme prévu
Ce jour-là, des travaux sur la route principale ont déclenché un feu alterné. Résultat : tous les conducteurs pressés du coin ont décidé de traverser LE village, pile par notre ruelle, pour gagner deux minutes. Parce qu’évidemment, personne ne veut rater son apéro.
Klaxons, moteurs, gros SUV dans une ruelle prévue pour des charrettes. Et moi au milieu avec mes deux chiens, ma table et mes pâtes. Pas vraiment l’ambiance italienne feutrée que j’avais en tête.
Mais mes modèles étaient là, ils avaient fait le déplacement, alors j’ai voulu tenter quand même, priant derrière mon trépied pour 5 minutes de répit entre deux énervés du volant.
Et puis… la fameuse voiture. Elle est arrivée trop vite. Conducteur au visage fermé et au verbe bien fleuri devant la scène. J’avais l’indécence de l’obligé à lever le pied ! J’ai voulu réagir, déplacer les chiens, la table. Et là le drame. Dans le mouvement, j’accroche le trépied.
Il est tombé, appareil dessus, objectif en avant.
Silence. Puis mon cœur qui tombe avec lui.
Rester pro, même quand ça tangue
Sur le moment, à vue d’œil, rien de dramatique. Mon boitier fonctionnait (premier soulagement !). Mais le zoom accrochait, l’autofocus râlait. Au fond, je savais que je venais de dire adieu à 3000€.
Je n’ai rien dit. J’ai pris sur moi. J’ai souri. Et j’ai assuré. Les voitures ne nous laissaient aucun répit, j’ai donc fait au plus vite, juste pour capter ce qu’il me fallait pour créer l’image. Même si au fond, mon coeur n’y était plus vraiment.
Je suis rentrée chez moi, j’ai pris le temps d’examiner mon objectif à la lumière, pour y découvrir un bel impact sur la lentille frontale… Le lendemain, diagnostic sans appel : coût de réparation égal au prix de l’objectif, soit près de 3000€.
La pillule a été un peu dur à avaler je te l’avoue. Car en ce début d’année, la trésorerie n’est pas forcément au beau fixe… Pourtant, je m’estime chanceuse. Miraculeusement, mon boîtier n’a rien, me permettant de continuer à travailler. Et surtout, aucun humain, aucun chien n’a été blessé par cette personne un peu trop pressée, qui n’a bien entendu pas pris une seconde pour s’arrêter.
Et cette séance photo chien de Saint Valentin, elle en valait la peine finalement ?
Je vais te l’avouer. La photo finale n’est pas celle que j’avais en tête.
Pour cette séance photo chien à la Saint Valentin, je rêvais d’une scène tendre, où les deux chiens se perdent les yeux dans les yeux. Un instant suspendu, doux et romantique.
J’ai eu une image drôle, un brin chaotique, mais pleine de vie. Deux chiens, une table bancale, des gueules pleines. Je revois le regard d’amour incrédule de mes modèles lorsqu’un « ok » de leurs humains les ont autorisé à plonger le nez dans les boulettes ! Mais tu sais quoi ? Ça fonctionne. Parce que ça ressemble à la vraie vie avec nos chiens : imprévisible, vivante, jamais tout à fait comme prévu.

Ce que je retiens de cette séance photo catastrophe
Ce jour-là, j’ai appris plusieurs choses. Déjà, à vérifier trois fois plutôt qu’une la stabilité de mon trépied.
Et puis, préparer, c’est bien. Maîtriser, c’est mieux. Mais accepter l’imprévu, c’est ce qui fait toute la magie d’un shooting photo. Et parfois, ce sont les images qu’on n’avait pas prévues qui marquent le plus.
Alors j’en profite pour te passer la mot, à toi qui peut-être rêve d’une photo parfaite avec ton chien.
Tu n’as pas besoin d’une mise en scène complexe ou d’une idée de génie. Tu as juste besoin d’être là. Avec lui. De vivre ce moment sincère. De te laisser surprendre.
Parfois, l’imprévu fait de belles images.
Et si on créait ton image à toi, à vivre avec ton chien ?
Tu as une idée un peu folle en tête, un clin d’œil à un film, une envie douce ou un projet décalé ? Sache que je suis partante ! On la réfléchira ensemble. Et ça commence ici.
Et cette fois, promis, je choisirai une rue sans circulation.
En attendant, si tu as envie de réagir à cette histoire, je t’invite à me laisser un petit commentaire sur la publication dédiée sur mon compte Instagram ! J’ai hâte de te lire.